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La fabrication de la nacelle

Mis à jour : il y a 3 jours

Dans cet article, nous vous présentons toutes les étapes de fabrication de la nacelle, de la phase de réflexion jusqu'à la touche finale. Nous vous conseillons de lire le premier article sur le side-car si ce n'est pas encore fait !



Notre cahier des charges

L’élément déterminant est, sans surprise, l'emplacement du fauteuil roulant. Techniquement, nous avions deux possibilités : créer une plateforme sur laquelle François pourrait monter directement avec son fauteuil ou bien créer une vraie assise et un emplacement où stocker le fauteuil replié.



Watsonian plateform

Nous avons rapidement éliminé l'option de la plateforme, pour plusieurs raisons. Il était hors de question que François monte sur la plateforme avec son fauteuil, les amateurs de Intouchable comprendront. En plus c'est apparemment très compliqué à homologuer et à assurer.


Il fallait donc créer une nacelle dans laquelle François pourrait monter seul, sur laquelle nous pourrions transporter son fauteuil roulant plié et nos bagages. Le tout en respectant les contraintes de longueur et de largeur imposé par le châssis qu'Alternative sidecar allait nous installer. On a passé quelques soirées à réfléchir !


Le point de départ est l'assise sur laquelle François allait s'asseoir. Pour qu'il puisse facilement se transférer depuis son fauteuil, nous avons planché sur une construction "banquette" différente de la plupart des sides qui sont généralement en "baquet". Ces termes ne sont pas ceux utilisés par les pros mais nous ne sommes pas pros.




La maquette


Alternative sidecar nous a prêté le prototype de leur nacelle DZO ainsi qu'un châssis pour que l'on puisse commencer à travailler sans avoir à attendre que la moto soit attelée. En allant récupérer ces deux éléments à l'atelier de Jean, nous avons défini avec lui les côtes maximales à ne pas dépasser en longueur et en largeur.


A ce stade du projet, il y avait beaucoup d'inconnues :

- François arrivera-t-il à monter/descendre en solo ?

- Son fauteuil logera-t-il à l'avant ?

- Quelle assise utiliser ?


En faisant quelques recherches, Google proposait des inspirations intéressantes :



La maquette a donc été réalisée en bois. C'est moins cher et beaucoup plus rapide pratique à découper et à assembler que le métal.


La base est un plateau en bois posé sur le châssis, ça permet d'avoir une vision globale des dimensions maximales de la nacelle. Il faut déterminer où est l'axe de roue car c'est à ce niveau que sera placée l'assise. Le développement de la nacelle se fait donc de cette façon.






Voici le proto de la nacelle terminée. Elle est placée sur un châssis pour simuler la hauteur une fois sur le side. Après plusieurs semaines de réflexion et fabrication de la maquette, nous organisons un week-end pour que François vienne essayer de monter et descendre du proto. Pour rappel, François vit à Angers alors que la nacelle est fabriquée chez notre oncle à côté de Angoulême. Personne n'a de maison "fauteuil friendly" alors c'est toujours une belle expédition !


Le jour J arrive et je dois dire que nous sommes un peu stressés, tout a été fait "en théorie" en essayant de se mettre à la place de François. Si il ne valide pas le proto, il faut tout recommencer.


François m'impressionne. Le transfert du fauteuil à la nacelle n'est pas facile. Heureusement qu'il a une bonne condition physique car, avec son handicap, tout le monde ne pourrait pas monter. Au delà de ça, on sent aussi qu'il n'a envie que d'une chose, c'est de monter. Sa détermination est assez impressionnante.


Content le chef là

Le verdict tombe, le chef valide le prototype ! C'est le début de la fabrication de la nacelle dont le squelette sera en acier refermé par des plaques d'aluminium. L'avenir nous dira que ça n'était pas une bonne idée.



La fabrication du squelette


Tout le monde l'a compris mais nous tenons à le rappeler : ce projet n'aurait pas été possible sans notre oncle. Chaudronnier à la retraite, il a passé sa vie à fabriquer, entre autres, des lances-torpilles de sous-marins. Autant dire qu'une nacelle de side-car c'est de la rigolade pour lui. Plus à l'aise avec un fer à souder qu'en société, le tonton passe ses journées entières dans sa grange. C'est là qu'il a installé son atelier et, depuis tout petit, je regarde par dessus son épaule pour essayer d'apprendre. (En réalité c'était plutôt par dessous de son épaule parce que c'est un beau bébé le tonton).


Autour de lui, les gens ont vite compris qu'il avait de l'or dans les mains. Plus occupé à la retraite que dans sa vie d'avant, il passe ses journées à faire des verrières, des escaliers ou des tables pour rendre service, sans jamais rien demander. Le side-car était pour lui l'occasion de nous aider bien sûr mais aussi de se challenger sur un projet stimulant. Je le soupçonne aussi de nous avoir utilisés comme alibi pour ne pas continuer à se faire exploiter par ses amis !


Faites défiler les photos

Du moment où la maquette a été validée, c'est lui qui a tout pris en main. Achat de matériel, dessin et réalisation. Mon père l'a beaucoup assisté, j'en profite également pour le remercier. Il aura un rôle déterminant pour la réussite du projet, la suite au prochain article. Voici plusieurs photos pour présenter l'avancement du squelette. Merci au voisin, Guy, d'avoir fait le photographe !



L'idée était donc de créer un squelette en acier que nous fermerions par la suite. L'ensemble pèse environ 40 kilos et le résultat est superbe. Nous étions à la fois très contents du résultat et très excité car le projet prenait enfin concrètement forme.


Notre oncle Patrick à gauche, mon père Patrick à droite

L'habillage du squelette



Pendant quelques temps, nous avons hésité à faire un coffre fermé. En soi, la bagagerie fournie par Mosko Moto était étanche donc nous n'avions pas nécessairement besoin d'une protection contre la pluie. J'étais plus sensible au sujet "facilité de chargement" et à la protection contre le vol. A moto, tout doit être parfaitement sanglé ce qui peut prendre beaucoup de temps au jour le jour. De plus, il faut sécuriser tout le chargement lorsque l'on quitte la moto des yeux. Le coffre fermé nous permet de charger très rapidement (y compris pour François) sans avoir a sangler les sacs et à les tenir sous clés lors des arrêts.



Le coffre a donc été fermé par des plaques d'aluminium sur les côtés et une écoutille de bateau pour pouvoir accéder au contenu. Pour la peinture nous avons demandé conseil à un spécialiste auto pour trouver la teinte la plus proche des couleurs Triumph d'origine. Le prix de la sous-couche, vernis et peinture exacte en provenance d'Angleterre étant assez cher (voici le lien pour les couleurs de la version Bud Ekins).



Nous avons utilisé des plaques d'aluminium larmé (3/4.5) pour le plancher, sur le "toit" du coffre qui recevra le top case et à l'avant du side pour protéger les jambes de François en cas de choc et pour la "proue" de la nacelle.

Le siège de François a été réalisé sur une structure en bois. Pour l'assise, nous utilisons un coussin anti-escarres à mémoire de forme, le même que celui sur son fauteuil roulant. Le dossier est rembourré de mousse et le tout est recouvert de cuir noir. L'accoudoir gauche est en réalité la barre latérale de maintien qui longe tout le côté gauche de la nacelle. François peut donc bien se tenir lorsqu'il monte et qu'il descend du side. L'accoudoir droit a été acheté d'occasion, il vient d'une machine agricole.



Sur la partie supérieure du coffre, ce top case de quad nous permettra d'emporter des affaires volumineuses. Alors oui il est horrible mais, compte tenu du périple qui s'annonce, difficile de passer à côté d'une capacité d'emport de 90 litres sécurisés supplémentaires. Pour ce poste de dépense, nous n'avons pas réussi à trouver une occasion aux bonnes dimensions sur Le Bon coin. C'est l'un des rares équipements que nous avons acheté neuf.

Le fauteuil-roulant de François, une fois plié et rangé à l'avant du side, est particulièrement exposé. Pour le protéger autant que possible, notamment des projections d'eaux, Pierrot nous a fait une bâche de protection. Elle est découpée à la forme du fauteuil et vient se clipser en trois points juste devant François. Enfin, une sangle vient bloquer le mouvement du fauteuil. Ce serait bête de la perdre en route ...

La fabrication de la nacelle aura nécessité une centaine d'heure de travail. Il a ensuite fallu attendre que la moto et son châssis, fabriqué et monté par Alternative sidecars, passent l'homologation. On vous raconte tout dans l'article suivant ! Nous y ferons également la liste de toutes les personnes qui nous ont aidé pour la construction et l'assemblage de la nacelle et du side.

Le projet avance bien et c'est grâce à votre soutien, merci à toutes les personnes qui ont fait un don à l'association ! N'hésitez pas à poser vos questions en commentaires.




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