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Paris - Istanbul - Paris

Le covid ayant eu raison du voyage Paris - Irkoutsk, il fallait bien faire quelque chose de cette moto sur-équipée pendant l'été. L'occasion de réaliser la première étape du voyage, de Paris à Istanbul en Juillet et un tour de France en août.


Matériel, organisation, vie (presque) en solo : retour d'expérience après 14 000 kilomètres et 8 semaines de voyage.



Adventures


#Organisation


# L'importance de la carte papier et de la préparation de l'étape #


- Toujours avoir une carte au format papier. C'est beaucoup plus simple d'échanger avec les locaux sur une carte grand format plutôt que sur un écran de téléphone, surtout en période de covid. Dans certains pays, votre version de google map "francise" les noms des villes et ça devient compliqué pour les autochtones de retrouver leurs petits.


- Ne pas laisser le GPS définir votre itinéraire. Même en activant les modes "virages" ou "hors autoroute" j'ai rapidement été guidé sur des grandes nationales bien droites, juste à côté de l'autoroute. Avec google map, il est assez difficile de distinguer les départementales pour refaire un itinéraire. A l'inverse, dans certains zones, google map peut rapidement considérer une piste bien caillouteuse pour une route.


Les cartes papier bien faites vous permettront de différencier les types de route et le dénivelé pour préparer au mieux l'étape. Je pense que la bonne méthode est donc de repérer les points de passage sur la carte papier avant de tout renseigner dans votre GPS.


# Le rythme des journées #


Je voulais rouler, j'ai roulé. Parfois en enchaînant 9 heures de moto dans la journée. Mon objectif était d'avancer parce que j'avais peur que le covid me bloque encore à une frontière.


- L'organisation de la journée est primordiale. Il vaut mieux partir tôt et faire beaucoup de pauses plutôt que de rouler contre le chrono.

- Précharger la moto le soir et faire tout l'entretien la veille font gagner un temps précieux le matin.

- Réfléchir à l'itinéraire et paramétrer l'itinéraire dans le GPS la veille également.

- Faire des pauses régulières, rapides et efficaces. Environ toutes les 2 heures, pause café, essence si besoin et on repart 10 minutes plus tard.


Bike


#L'Himalayan


Pour répondre d'emblée à la question que tout le monde m'a posée : non, je n'ai pas eu de grosse galère avec la moto.


Stop sur un voilier en Grèce

Fidèle à elle même, l'Himalayan m'a emmené sur les routes et sur les pistes. Chargée et parfois même en duo, aucun problème à condition d'éviter soigneusement les autoroutes et voies rapides.


Cette moto suscite la curiosité de tout le monde, partout. Un Grec m'a même arrêté sur le bord de la route pour avoir un retour d'expérience sur cette Royal Enfield.


Elle est très facile à prendre en main, sur route ou sur piste et malgré quelques détails à améliorer (la bulle vibre beaucoup et les jambes sont un peu trop repliées passé 1m80) c'est une super machine pour le prix.


L'extension de porte bagage était la bienvenue

De mon point de vue le défaut vient du ratio poids/puissance trop faible. Je ne prêche pas pour une course à la puissance mais, 185 kilos à sec pour 25 chevaux, c'est trop. Il est possible de gagner beaucoup de poids en remplaçant certaines pièces (jantes, amortisseur, pot d'échappement, béquille, etc) mais à quel prix ?


En soi les 25 chevaux sont suffisants pour rouler en France mais il faut être particulièrement vigilant lors des insertions ou des dépassements. Fondamentalement, lorsque vous roulez sur route, il faut "passer en mode Himalayan" : laisser tomber le GPS, sortir la carte Michelin, prendre les petites routes blanches et ne pas regarder sa montre.


#Les accessoires


Les outils, les pièces de rechange, les démontes pneus, les chambres à air, la pompe, etc. Tout ça était à l'origine rangé dans les bagages. Après plusieurs chargements et déchargements, on réalise que 1) c'est lourd 2) ça prend de la place dans les valises pour rien et que 3) il vaudrait mieux les laisser sur la moto en permanence.


Roland a publié sur son site un article dont je me suis inspiré. Le montage est cependant différent, en appuyant le tool tube sur le support de valises latérales, il suffit de ne faire qu'une seule patte de fixation. Okay on dirait un mortier mais une fois les sacoches latérales installées, les tools tubes ne se voient plus. De plus, on peut facilement accéder à tout le contenu du tube.


Himalayan option lance roquettes

Les tubes sont faits en PVC 100 mm et peints à la bombe. La patte en inox a été achetée dans un magasin de bricolage puis repercée convenablement. Le tout coûte environ 30€ et vous permet d'emmener 6 litres de matériel sans les placer dans les bagages.


#La bagagerie


En solo, je suis parti uniquement avec le tank bag et les deux sacoches latérales. Ma passagère a gardé le duffle avec elle ce qui s'est avéré très pratique : j'étais sûr que les affaires qu'elle prendrait pour me rejoindre rentreraient sur la moto.



# Le Nomad tank bag Mosko Moto #



A moto : Faire le plein est un jeu d'enfant, il suffit de déclipser les deux attaches côté guidon. Le sac ne bouge pas, la capote anti-pluie est très efficace et les nombreux rangements facilitent vraiment la vie. La casquette est bien calée dans le beavertail, prête à être dégainée à chaque arrêt. Le beavertail est aussi bienvenu pour les fumeurs qui ne veulent pas empester l'intérieur du sac avec leur paquet ou leur cendrier de poche.



A pied : Le passage en mode sac à dos est très rapide. Pour un stop en ville, je ne prends que le tank et laisse tout le reste sur la moto. En camping ou sur un ferry il fait un très bon oreiller et le beavertail permet de vraiment "charger" en emportant par exemple une doudoune ou un Kway.


Point négatif, le bouchon-robinet du sac d'hydratation s'est arraché sans que je m'en rende compte. Impossible d'utiliser le camelback ensuite. Le SAV Mosko a renvoyé un sac d'hydratation complet (avec le tube et le bouchon-robinet). L'ancien tube servira si besoin à siphonner et l'ancienne poche fera office de réserve de secours.


Lien Nomad tank bag Mosko Moto


# Les Backcountry 35 litres Mosko Moto #


Plus que satisfait, ils sont vraiment waterproof (testés pendant 4 jours d'orage), vraiment pratiques à installer. Le beavertail est un vrai plus. Attention en revanche, une fois chargés au maximum, ils dépassent légèrement par rapport au guidon.


L'idéal est de laisser les sacoches sur la moto et de ne décharger que le sac intérieur. Chaque sacoche vide pèse environ 4 kilos, une fois remplies les deux peuvent être pénibles à décharger d'une traite. Par ailleurs, cela évite de rentrer dans sa tente avec une sacoche pleine de boue mais juste avec le sac interne, propre.


Les poches externes servent à stocker le produit pour nettoyer la chaîne et le spray pour la lubrifier, la bouteille d'eau pour remplacer le camelback HS, les sangles steel core et les bouteilles de vin pour remercier les personnes qui m'hébergent.


Lien Backcountry panniers Mosko Moto


Gears


#La tenue de combat



# Klim Krios et écran photochromique Transition #


Très satisfait du casque qui est agréable à porter même lorsqu'il fait très chaud. Les mousses, même trempées de sueur, ne bougent pas lorsqu'on retire le Krios. Il est globalement bien ventilé et ne pèse absolument pas sur le coup après 10 heures de roulage (120 km/h max).


Globalement le seul point négatif de ce casque vient du fait que le premier cran "ouvert" de la visière est beaucoup trop éloigné de la mentonnière (voir l'explication sur la création de buée lorsqu'il fait froid et que l'on porte des lunettes dans le précédent article sur le choix du casque). La solution du collier n'en est pas une puisque dès que vous roulez vite ou qu'il pleut, il faudra le couper pour fermer complètement votre visière.


Pour mon prochain voyage, je vais essayer le masque pour pouvoir rouler "nez au vent" à 80 km/h sans crainte pour mes yeux.


Lien Klim Krios chez Ixtem Moto


Bilan mitigé pour l'écran photochromique Transition : pour 175€ je m'attendais à vraiment mieux. Sur le papier c'est très agréable de pouvoir rouler sans penser à ses lunettes de soleil. La nuit, même sur des routes éclairées par de nombreux lampadaires, l'écran est parfaitement incolore. En revanche, plusieurs points négatifs sont d'après moi rédhibitoires :


- La transition entre un passage "extérieur - tunnel" ou "tunnel - extérieur soleil" est lente, plusieurs dizaines de secondes. Tout comme avec une paire de solaires, si vous roulez soleil couchant de face vous serez tout de même perturbés.


- Lorsque vous roulez visière ouverte, l'écran se trouve sous votre casquette (si vous en avez une). Votre casquette n'est pas pleine, de fait, certaines parties de l'écran sont exposées au soleil et d'autres non. Lorsque vous refermez votre visière, l'écran photochromique est donc zébré de zones où il a foncé et de zones claires. L'uniformisation de la teinte de l'écran prend plusieurs dizaines de secondes. Pendant une bonne minute vous avez l'impression de rouler avec une araignée et ses pattes collées sur votre visière.


- De jour, l'écran est toujours légèrement teinté. Lorsque la luminosité est faible, comme par exemple en cas de grosse pluie, vous serez tentés de relever la visière pour voir normalement. Mais rouler sous la pluie visière ouverte, à fortiori avec des lunettes, n'est clairement pas conseillé.


- L'écran semble assez fragile. J'ai remarqué que le mien est rayé pourtant je le nettoie avec un chiffon doux ou le côté jaune de l'éponge. Les micro-rayures provoquent une diffraction de la lumière quand on roule soleil pleine poire qui créé un halo assez désagréable.


En conclusion, de mon point de vue, l'écran photochromique ne vaut pas encore son prix. J'imagine que la technologie va évoluer et que les prix diminueront. N'hésitez pas à partager votre avis en commentaires ! Je vais essayer de rouler de nouveau avec l'écran de base pour voir la différence.


Lien écran photochromique Transition chez Ixtem Moto



# Les gants Klim Vanguard GTX #


Lorsque j'écrivais ce premier article sur le choix de la tenue, j'avais déjà un doute sur cette paire de gants. Et bien en deux mots, ne l'achetez pas.


Le Vanguard est fondamentalement mal pensé, à cause de son système de lanière à rabats qui est tout sauf pratique (voir explication dans le premier article). Le fait qu'il soit long mais collé à la peau, alors qu'il aurait pu passer au dessus de la manche de la veste, laisse entrer un filet d'air en hiver. Avis confirmé par un revendeur Klim suisse qui avouait ne pas vouloir le référencer.

Après 20 minutes de camisole, découpe de la doublure

Au delà de 20 degrés, la doublure interne du gant colle aux doigts. Lorsque vous retirez votre gant, la doublure du doigt A sort de son emplacement. Lorsque vous remettez le gant, à tous les coups, la doublure du doigt A va dans l'emplacement du doigt B. Plus la température augmente, plus le phénomène s'accentue. A force de mettre et de retirer vos gants, la doublure interne se met en boule et "bouche" l'emplacement des doigts à mi-chemin. Votre main est dans une camisole, le gant est impossible à enfiler en moins de vingt minutes. Le tactile ne fonctionne plus et lorsque vous avez réussi à mettre vos gants, votre téléphone qui fait office de GPS se verrouille. Vous devenez littéralement dingue sur le bord de la route. La solution : découper la doublure ...


Attention, il est possible que j'ai eu affaire à une paire défectueuse. Isabelle de Ixtem Moto m'avait expliqué n'avoir jamais commandé ces gants (donc pas de retour d'expérience). Les Vanguard sont repartis en SAV chez Klim par l'intermédiaire d'Ixtem Moto (super comme d'habitude). Le revendeur Klim Suisse m'a conseillé la paire Adventure, commandée chez Ixtem. A suivre donc.

Lien gants Klim Adventure GTX chez Ixtem Moto



# Veste Klim Carlsbad et pantalon Klim Traverse #


Beaucoup de reviews ont déjà été publiées sur ces deux produits je donnerais rapidement mon retour.


La veste est légère, agréable à porter et bien aérée lorsque l'on roule, même sous des températures de 30 degrés (en ville c'est différent). Le pantalon est très aéré lui aussi lorsque tous les zips sont ouverts. En cas de pluie, il faut tout refermer et vous resterez au sec, même sous des trombes d'eau. L'ensemble sèche très vite et ne "pèse" pas, même mouillé. Très content de cet investissement. Le Traverse pant est trop léger pour rouler à mois de 10/15 degrés, prévoyez un collant.


Mes trois remarques sur la veste : le col ne monte pas assez haut à mon goût. Il est possible d'ouvrir les zip d'aération en roulant mais il faut être arrêté pour les fermer. La ceinture de maintien lombaire doit être tenu avant d'enfiler la veste sinon elle glisse dans la doublure. Hormis ça, c'est parfait.


Un nouveau modèle de Carlsbad est sorti entre temps, Michel en fait une présentation dans la vidéo ci-dessous. Le traverse est plus difficile à trouver mais Klim US en vend directement sur son site.


Lien nouveau modèle veste Klim Carlsbad chez Ixtem Moto

Lien pantalon Klim Traverse chez KLIM US


Vos commentaires sont les bienvenus !


Marc

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